« Qu’est-ce que le cannabis ? »
Le cannabis est une plante herbacée (chanvre indien) que l’on peut rencontrer dans pratiquement toutes les régions de la terre. Il existe plusieurs variétés de cette plante dont la résine contient un principe actif, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) ayant un effet psychotrope. La plus grande contenance en THC se situe dans les sommités de la fleur de cannabis. Plus la teneur en THC est grande, plus les effets sur l’individu seront importants.
« Quelle est la différence entre de l’herbe et du haschich ? »
Le cannabis peut se présenter sous plusieurs formes :
L’herbe, appelée aussi marijuana, beuh, ganja,…, est constituée essentiellement des sommités fleuries séchées du cannabis, avec ajout de feuilles hachées plus ou moins grossièrement. Elle contient entre 1% et 5% de THC. Certaines espèces néerlandaises cultivées en intérieur peuvent atteindre les 30 % de THC.
Le haschich, appelé aussi shit, hasch, chichon,…, se présente sous forme de barrette ou boulette de résine séchée et compressée et mélangée à divers ingrédients (henné, cirage, paraffine, ou d'autres substances plus ou moins toxiques). Il faut 45 à 70 kg d’« herbe » pour faire un kg de haschich. La teneur en THC du haschich varie entre 5 et 12 %, mais peut monter parfois jusqu’à 40% de THC.
L’huile, vert foncé, marron ou noire. C’est un liquide très visqueux, d’odeur forte caractéristique. Elle contient jusqu’à 60% de THC. Elle possède des effets hallucinogènes. Sa consommation reste très rare en Europe.
« Y a-t-il une autre façon de consommer du cannabis qu’en fumant un joint ? »
Le mode de consommation le plus fréquent est le joint. Il se présente sous forme de cigarette conique composée d’herbe ou de haschich émietté dans du tabac et d’un petit bout de carton en guise de filtre. Le joint peut aussi se fumer « pur », sans tabac. Il est également courant d’utiliser pipes et pipes à eau. Leur utilisation permet d’inhaler plus de fumée d’un coup et amplifie donc les effets.
Une autre façon de consommer du cannabis est de l’intégrer dans des préparations culinaires (cake, biscuits, thés,…). Avec ce type de consommation, il est plus difficile voire impossible de se rendre compte de la quantité de produit ingérée. De plus, les effets se manifestent subitement au cours de la digestion (entre 1/2 heure et 2 heures plus tard).
« Est-ce qu’on conduit moins bien sous l’effet d’un joint ? »
La consommation de cannabis entraîne une diminution de la vigilance et de l’attention, un ralentissement des réflexes, un temps de décision allongé, des troubles de la coordination, une modification du champ visuel et une difficulté pour contrôler une trajectoire.
Conduire sous l’effet du cannabis double le risque d’être responsable d’un accident mortel de la route. Mélangé à l’alcool, le risque est 15 fois plus important.
« Peut-on mourir si on fume trop de cannabis ? »
La mort par overdose de cannabis seul n’est pas possible. Mais beaucoup de fumeurs sont sujets à des comportements potentiellement dangereux, comme conduire plus vite et moins bien, avoir des rapports sexuels sans protection, et ce d’autant plus si le consommateur de cannabis est aussi sous l’influence d’alcool et d’autres drogues.
De plus, le cannabis étant, au même titre que le tabac, très cancérogène, le risque de cancer des voies respiratoires est augmenté.
« Est-ce que fumer du cannabis rend agressif ?»
Le plus souvent, le cannabis a un effet euphorique et sédatif. Néanmoins, la consommation de cannabis peut entraîner des perceptions sensorielles accrues, des hallucinations, de l’anxiété, de la paranoïa. Associé à l’effet désinhibiteur du cannabis, cela peut se manifester par de l’agressivité.
« Le cannabis est-il légalisé en Belgique ? »
Non, le cannabis n’est pas légalisé en Belgique, ce qui en fait une drogue illicite.
En ce qui concerne les mineurs, la consommation et la détention de cannabis sont interdites.
Pour les personnes majeures, la détention de 3 grammes de cannabis ou d’une plante cultivée pour usage personnel relève du degré prioritaire le plus bas de la politique de poursuites. Cela signifie que la police dresse un procès-verbal simplifié conservé sur un support électronique au service de police et transmis au parquet. Il n’y a pas de saisie.
Par contre, si la personne majeure est impliquée dans des circonstances aggravantes (trafic, conduite d’un véhicule, présence d’un mineur au moment des faits) ou s’il y a trouble de l’ordre public (détention de cannabis dans un établissement scolaire ou similaire ou dans ses environs immédiats, détention ostentatoire de cannabis dans un lieu public ou accessible au public), un procès-verbal ordinaire sera dressé et des poursuites pourront être entamées avec des amendes ou des durées d’emprisonnement augmentant en fonction des circonstances aggravantes et/ou des récidives.
« Le THC, c’est quoi ? »
Le tétrahydrocannabinol (∆ 9-THC) est le principal principe actif du cannabis. Dans le cerveau, le THC provoque une libération de neurotransmetteurs (dont la dopamine) responsables des effets psycho-actifs du cannabis.
« Peut-on être dépendant du cannabis ? »
10 % des consommateurs deviennent dépendants du cannabis. Un syndrome de sevrage peut alors se produire à l’arrêt de la consommation : agitation, anxiété, insomnie, irritabilité, perte de l’appétit, sueurs, diarrhées. Ces signes disparaissent en 3 semaines.
« Pourquoi, dans certains pays, le cannabis est-il prescrit comme médicament ?»
En France et au Canada, pour certaines maladies graves (sida, cancer), les propriétés du cannabis sont utilisées pour ouvrir l’appétit, réduire les nausées et vomissements et soulager certaines douleurs. Cependant, d’autres médicaments sont plus efficaces dans ces indications.
« C’est quoi un Bad Trip ? »
Il s’agit d’une intoxication aiguë avec malaise physique et/ou psychologique dû à une absorption trop importante de cannabis ou à une consommation dans de mauvaises conditions (anxiété, contexte insécurisant…).
Cet état peut mener à une véritable attaque de panique avec sensation de mourir.
« Le joint peut-il provoquer des angoisses ? »
L’effet recherché avec le joint est principalement la détente. Cependant, il est difficile de savoir quel sera exactement l’effet ressenti après une consommation. Il dépend notamment de l’humeur de la personne qui consomme, de ce qu’elle vit à ce moment-là, du contexte dans lequel la consommation a lieu, mais aussi du produit consommé (teneur en THC, mélange). Ainsi, les effets peuvent aussi être désagréables (bad trip).
Par ailleurs, une consommation régulière de cannabis peut entraîner un état dépressif, un état anxieux, une irritabilité chez le consommateur.
« Peut-on devenir schizophrène en fumant du cannabis ? »
La maturation du système nerveux de l’être humain n’est terminée qu’à 18 ans. C’est un fait biologique. Le processus que les spécialistes appellent « pruning » ou « élagage » des neurones, indispensable pour finaliser la maturation des neurones, est intense vers 15 à 16 ans ; l’usage de cannabis interfère négativement au niveau de ce processus.
Le risque de développer une schizophrénie jeune adulte (à l’âge de 26 ans) est maximal lorsqu’on fume du cannabis à l’âge de 15 à 16 ans ; ce risque dépend de la quantité consommée et de l’âge du consommateur.
« Consommer du cannabis nuit-il au cerveau ? »
Consommer du cannabis n’endommage pas le cerveau comme la cocaïne ou l’alcool peuvent le faire. Cependant, le cannabis a un effet sur la mémoire immédiate et diminue les capacités d’apprendre des choses nouvelles ou de s’en souvenir. Le cannabis modifie aussi la perception visuelle, la vigilance et les réflexes. Ces effets sont réversibles à l’arrêt de la consommation.
Néanmoins, un début de consommation à la préadolescence (avant l’âge de 16 ans) peut conduire à des effets persistants sur certaines fonctions d’attention à l’âge adulte.
« Consommer du cannabis amène-t-il à la consommation d’autres drogues ? »
Consommer du cannabis, du tabac et de l’alcool vont souvent de pair. L’usage de tabac donne une dépendance physique et psychologique fréquente et rapide. L’usage d’alcool peut rapidement devenir problématique ; boire régulièrement 5 à 6 verres de boissons alcoolisées en peu de temps est inquiétant et devrait amener à se poser des questions…et à en en parler à des personnes qui pourraient vous aider (votre médecin ou vos personnes de confiance dans votre entourage scolaire ou familial). Ne pas en parler, c’est prendre le risque de devenir alcoolique après quelques années.
Le risque de consommer ultérieurement d’autres drogues telles l’héroïne augmente si vous vivez des difficultés psychologiques, familiales, scolaires, si vous êtes déprimé ou anxieux ou si vous êtes un consommateur solitaire cherchant dans le cannabis un « médicament » à votre malaise.
« Pourquoi mon fils/ma fille fume-t-il /elle du cannabis ? »
De plus en plus de jeunes consomment du cannabis et de plus en plus tôt. Si on fume, c’est avant tout pour s’amuser, planer, rire entre amis. C’est la recherche du plaisir, la levée de l’interdit, l’affirmation d’un certain anticonformisme propre à l’adolescence. Mais pour certains jeunes, fumer, c’est aussi se donner l’illusion d’oublier tous leurs problèmes familiaux, relationnels, existentiels ou autres. Cela leur permet également de se calmer, de mieux dormir.